DÉBAT

DEBATCategorie: QuestionsRémunération de la maîtrise d’œuvre en architecture.

Rémunération de la maîtrise d’œuvre en architecture.

Posté il y'a 5 mois
par tewfik Guerroudj
Ma Biographie

Biographie

Architecte et urbaniste, Tewfik Guerroudj participe à différentes missions d’urbanisme en Algérie entre 1971 et 1986, dont la création et la direction de l’agence d’urbanisme d’Alger et ce avant d’assumer la fonction de directeur de l’architecture et de l’urbanisme dans les ministères en charge de l’architecture entre 1986 et 1990. Après une expérience en tant que libéral, consultant et formateur, d’abord en Algérie puis en France, il devient Directeur du service Prospective urbaine de la mairie de Rouen, puis de l’équipe du contrat de ville de l’agglomération bordelaise à l’agence Bordeaux métropole Aquitaine. Entre 2006 et 2010, il est chargé de mission urbanisme puis chef de service d’appui aux politiques de l’urbanisme et du logement social au conseil général de la Gironde. En 2011, il crée « L’artisan urbaniste » un atelier d’études, de conseils et de formation. Tewfik Guerroudj est l’auteur de plusieurs ouvrages d’urbanisme. L’architecture, une culture à conforter : la contribution de la règlementation. Tewfik Guerroudj aborde ce qu’on peut attendre de l’architecture, d’abord en tant que média, puis en tant que pratique culturelle qui contribue à la bonne articulation entre le cadre bâti et les modes de vie et enfin ce que l’on peut en attendre quant à l’optimisation des valeurs d’usage et du rapport qualité-coût. A travers son intervention, il soutient qu’un budget suffisant dans l’ingénierie, peut contribuer à faire d’une dépense un investissement, c.-à- d. une source de revenus pour l’avenir. L’analyse des textes réglementaires révèle que leur contenu n’est pas favorable au développement de la créativité architecturale. Il s’en dégage un embarras vis-à- vis de l’architecture, qui n’est pas déclarée d’utilité publique alors que la profession est organisée par un ordre. La déréglementation de la rémunération des études, alors que le prix est le critère de choix essentiel sinon exclusif, a contribué à laminer la rémunération qui est à un niveau insuffisant. En conclusion il propose quelques pistes pour l’amélioration de la qualité du cadre bâti.

Le SYNAA inaugure la rubrique « Débat » de son site web (www.synaa.dz) par la question de la rémunération de la maîtrise d’œuvre en architecture. Un article pertinent de Tewfik Guerroudj, architecte-urbaniste et ancien Directeur de l’Architecture, dans le premier numéro de la revue du SYNAA analyse dans le détail cette épineuse question.

Le SYNAA juge important de revenir sur le décret exécutif N°16-224 du 22 aout 2016 fixant les modalités de rémunération de la maîtrise d’œuvre en bâtiment. Un texte qui intervient dans un contexte difficile pour la profession d’architecte, caractérisé par un reflux sévère de la commande publique. Le SYNAA avait réagi à la promulgation du décret en exprimant ses réserves dans un courrier envoyé au premier ministre en janvier 2017.

Ces réserves portent à la fois sur le sens du décret et sur ses dispositions techniques relatives au contenu des missions de maitrise d’œuvre et les modalités de rémunération.

Bien que la rémunération des missions de maîtrise d’œuvre en bâtiment soit régie par un décret exécutif et non plus un arrêté interministériel, ce qui est un fait notable, il n’en demeure pas moins que ce texte soit aussi le reflet des contradictions entretenues par la vision d’un législateur incapable de se mettre au diapason de l’évolution induite par l’avènement du décret législatif 94-07 du 18 mai 1994, relatif à la production architecturale et à l’exercice de la profession d’architecte.

Toutes les ambiguïtés et contradictions dans ses dispositions techniques ne sont -en fait-, que le résultat d’une approche équivoque usant de matériaux hétéroclites extraits de l’arrêté interministériel portant rémunération de la maîtrise d’œuvre en bâtiment du 15 mai 1988. Par conséquent, il ne tient nullement compte des préoccupations légitimement exprimées par la corporation tendant à un statut nouveau de l’architecte dans la logique de l’émanation d’un Ordre des architectes consacrée par la loi 94-07.

Le biais de ce texte est de nier les aspirations des architectes dans une démarche à la fois étriquée et bigarrée. L’intitulé du décret exécutif N°16-224 du 22 aout 2016 est le même que l’arrêté interministériel de mai 1988 ce qui est paradoxal pour un arrêté rendu caduque par l’avènement de la loi 94-07. Le SYNAA déplore vivement l’incohérente démarche du ministère chargé de l’architecture d’avoir soutenu un texte frustrant pour les architectes qui à aucun moment ne fait référence au statut particulier de l’architecte dans le processus de la maîtrise d’œuvre comme le commande logiquement le décret législatif 94-07.

Le SYNAA ouvre donc le débat à vos contributions et tiendra compte de vos avis et retours pour revenir vers les pouvoirs publics par un document concerté.

1 Réponses
adam taya | architecte
Poster il y'a 5 mois

Belle initiative du Synaa nous vous encourageons à continuer et à entreprendre toutes les actions pour rendre à l’architecture ce qui lui est de droit.